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  • : Les Échinides fossiles du Kimméridgien de Charente-Maritime
  • Les Échinides fossiles du Kimméridgien de Charente-Maritime
  • : Bienvenue sur ce site web qui se propose de vous présenter les différents fossiles présents dans les niveaux Kimmeridgiens de Charente-Maritime. Bonne visite.
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Association DINOLÉRON

1.jpg(cliquez sur l'image)

Association pour la promotion de la paléontologie

sur l'île d'Oléron !

paléontologie 17

Installé 49 Avenue Proudhon, le club de paléontologie de La Rochelle regroupe les passionnés et collectionneurs de fossiles locaux. Association née en 1983, ce club se compose de membres actifs et soucieux de partager leur passion.

Des réunions sont organisées le mercredi soir, toutes les trois semaines afin de prévoir les sorties sur le terrain dans le but de collecter les fossiles de la région Centre-Ouest. Au programme :

- analyse et détermination des noms scientifiques des specimens récoltés

- Préparation d'articles, de publications et de conférences en relation avec des scientifiques

- Echange d'échantillons en vue de collections systématiques

Comment contacter le club ?

aurelien.morhain@club-internet.fr

Événement !

fossiles-16.jpg

Retrouvez-nous dans le prochain numéro de la revue Fossiles

(Fossiles n°16)

Un article sur le Kimméridgien inférieur terminal (sous-zone à Chatelaillonensis)

de

Charente-Maritime

26 octobre 2006 4 26 /10 /octobre /2006 09:48

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La cave aux coquillages : une mise en valeur remarquable

du

Patrimoine géologique

du

Lutétien moyen de Fleury-la-Rivière

  (deuxième partie)

  ______________________

 

 

Contexte stratigraphique :

 

La série lutétienne de Fleury-la-Rivière.

 

L’ensemble argilo-sableux observable dans la « galerie-musée » de la propriété de Patrice Legrand couvre les unités séquentielles A6, A7 et la partie basale de A8, définies par Gély en 1996. Celles-ci correspondent au Lutétien moyen et peuvent être subdivisées en 6 unités sédimentaires individualisables par leur lithologie. Cette séquence sédimentaire repose en discordance sur un ensemble de sables fauves à verdâtres peu consolidés, à boules gréseuses et parfois ferrugineux à son sommet, daté du Cuisien (Yprésien supérieur).

 

lutetien.jpgDécoupage séquentiel des séries lutétiennes dans le bassin de Paris, positionnement stratigraphique de la coupe de Fleury-la-Rivière et détail de la coupe stratigraphique de cette même localité. (modifié d’après Gély, 1996)

 

Unité 1 – 0.25 à 0.4 m : elle se compose de sables grossiers contenant de nombreux débris de coquilles, bois, huîtres et de rares restes de vertébrés marins. La fin de cette unité se caractérise par une alternance de bancs gréseux durs et tendres au sein desquels on trouve de minces bancs coquillés composés essentiellement de cardites, de crassatelles et à son sommet d’Echinolampas calvimontana.

 

Unité 2 – 1.5 m : elle se compose de sables fins consolidés de couleur jaune clair à blanc. Cet ensemble livre de nombreuses coquilles (gastéropodes et bivalves) remarquablement bien conservées. Le niveau sommital constitue le premier banc à Campanile giganteum.

 

Unité 3 – 0.5 m : elle se compose d’un mince banc argilo-sableux de couleur sombre à foraminifères. La malacofaune y est abondante et toujours aussi diversifiée.

 

Unité 4 – 0.2 à 0.4 m : elle se compose d’un mince banc argilo-sableux bien consolidé. La malacofaune y est véritablement abondante (leur conservation est toutefois moindre). Cette unité constitue le second banc à Campanile giganteum, que l’on trouve ici en grand nombre.

 

Unité 5 – 0.3 à 0.5 m : elle se compose de 2 niveaux très minces.

          5a : ensemble sablo-argileux hétérogène consolidé.

          5b : ensemble sablo-argileux hétérogène peu consolidé.

 

Unité 6 – 0.5 m : elle se compose de sable argileux sombre à stratification hétérogène. Cette fine couche est également très fossilifère.

 

Retrouvez un album photos de ce musée en page 4 de cet article :

Cliquez ici

 

 

Eléments paleoenvironnementaux et paléogégographiques dans le bassin parisien.

(du Thanétien au Lutétien supérieur).

 

          Lors de la régression fini-crétacée, le Bassin parisien connait une longue période d’émersion qui s’étend jusqu’au Paléocène inférieur : le bassin parisien n’avait plus subi de telle régression depuis la fin du Jurassique supérieur. Ce n’est qu’au Danien (-66 M. années) que le milieu marin accuse de nouvelles incursions sur le nord de l’Europe : revenant par la Manche, les transgressions marines provoquent de timides avancées sur l’extrême nord de la France, jusqu’aux environs de Paris. Le Bassin parisien constitue alors un immense golfe de la mer du Nord. Le milieu marin se réinstalle véritablement dans le Bassin parisien au Thanétien (-60 M. d’années) : à partir de cette époque, les analyses paléoenvironnementales ont mis en évidence cinq grands cycles sédimentaires ayant marqué le bassin de Paris durant le Paléogène (Pomerol, 1973). Nous détaillons ci-dessous les trois premiers, couvrant l’intervalle Thanétien moyenLutétien supérieur, intéressant plus particulièrement notre propos.

 

carte franceCarte paléogéographique de la France au Lutétien moyen

(Huyghe 2010, modifié d’après Gély, 2008)

 

Retrouvez ci-après une carte du monde au Lutétien : Cliquez ici

 

1er cycle sédimentaire : Au début du Paléocène la mer dano-montienne envahit le bassin formant un golfe relié à l’Atlantique Nord par la Manche occidentale. Le climat est alors de type tropical : le milieu marin est donc caractérisé par des eaux chaudes et des constructions récifales, typiques de ces environnements. Ce premier épisode sédimentaire se termine par une régression au Thanétien terminal (- 56 M. d’années) mise en évidence par des dépôts marneux continentaux très fossilifères dénommés « marnes de Meudon ».

 

2ème cycle sédimentaire : A l’Yprésien (-55 M. d’années) ensuite, le retour progressif du milieu marin dans le bassin va mener à la création d’une mer ouverte sur le Nord et le Nord-Ouest. Ce second cycle sédimentaire peut être découpé en deux séquences distinctes : durant le Sparnacien d’abord, l’environnement marin décrit des milieux lagunaires. La ligne de rivage se trouve alors juste au sud de Paris. Ensuite, durant le Cuisien (- 50 M. d’années), la transgression se poursuit et le bassin connait alors un véritable épisode marin avec un eustatisme fort avant le retour d’une phase régressive au Cuisien terminal.

 

3ème cycle sédimentaire : Au Lutétien inférieur (- 48 M. d’années) la mer envahit une nouvelle fois le bassin parisien depuis la Mer du Nord. L’avancée marine se fait alors de façon très progressive (on observe un décalage stratigraphique d’environs 3 M. d’années entre le nord et le sud de la formation, (Bonhomme et al., 1968)). Le maximum transgressif de ce cycle est donc atteint quelques millions d’années plus tard : le niveau à Nummulites laevigatus (= niveau de la « pierre à liards ») constitue le point d’inversion de ce cycle et représente le maximum d’inondation atteint dans le Bassin parisien pendant le Lutétien. Cette période se caractérise par une mer agitée d’une cinquantaine de mètres de profondeur, bien oxygénée et dont la température devait être comprise entre 20 et 25 °C.

 

lutétien paleoCarte paléogéographique du bassin de Paris au Lutétien moyen

(Huyghe 2010)


          Le Lutétien moyen s’ouvre donc quant à lui sur un épisode régressif : la base du niveau décrit des milieux de vie agités et peu profonds (30 mètres de profondeur maximum) mais ces conditions vont régulièrement changer. En effet, le Lutétien moyen se caractérise avant tout par l’instabilité de l’environnement marin : Huyghe (2010) a récemment mis en évidence la succession de nombreuses variations eustatiques et environnementales au sein de ce niveau. Ainsi, la nature de la sédimentation dans la formation de Damery (Lutétien moyen) décrit tantôt des environnements proximaux, tantôt des environnements marins francs plus profonds. Il est donc possible de déterminer, pour chaque unité observable dans le sous-sol de Fleury-la-Rivière, les conditions environnementales du milieu marin :

   

- unité 1 : milieu très proximal et agité.

- unité 2 : milieu marin franc relativement calme (50 mètres de profondeur), hors d’atteinte de la zone de balancement des marées.

- unités 3 et 4 : milieu marin agité à très agité, de profondeur moyenne (20 mètres environ), hors d’atteinte de la zone de balancement des marées.

- unités 5 et 6 : milieu marin calme et peu profond.

 

          Malgré ces fréquentes variations, la mer du Lutétien moyen conserve des caractères environnementaux stables : Huyghe ne relève pas de changements importants de la salinité de l’eau qui reste proche des 35%,  ni de la température, estimée en moyenne à 20 / 25°C tout au long du Lutétien moyen (Merle et Courville, 2008 ; Huyghe, 2010). Ces conditions sub-tropicales ont vraisemblablement permis le développement sur les hauts-fonds du bassin et les zones estuariennes et lagunaires côtières, de très nombreux animaux benthiques et épibenthiques (Merle, 2008), parmi lesquels l’impressionnant Campanile giganteum, le plus grand gastéropode fossile connu.

 

          A la fin du Lutétien moyen et au début du Lutétien supérieur (- 42 M. d’années) enfin, un changement important s’opère : les incursions marines ne se font plus par la mer du Nord mais par l’Océan Atlantique Nord entrainant de grands changements environnementaux. Cette modification majeure des entrées marines est la conséquence directe du soulèvement des anticlinaux du Pays de Bray et surtout du Dôme de l’Artois, eux-mêmes provoqués par l’orogénèse alpine (Pomerol, 1973 ; Cavelier et Pomerol, 1979). Les dépôts sédimentaires témoignent d’une régression de plus en plus prononcée produisant des milieux de vie de plus en plus lagunaires (entre 20 et 10 mètres de profondeur) avec un hydrodynamisme de plus en plus faible. Le climat subtropical qui règne alors sur cette partie du Bassin parisien occasionne, à partir du Lutétien supérieur, de fortes précipitations, induisant de possibles phases de dessalure provisoire du milieu marin près des littoraux pendant la saison des pluies. Le retour d’une phase transgressive ne se fera ensuite qu’à partir de la fin du Lutétien supérieur (-41 M. d’années), attestée par la formation du falun de Foulangues.

 

 

Retrouvez un album photos de ce musée en page 4 de cet article :

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Troisième partie de l'article page suivante : Cliquez ici 

 

 

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